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L'album de la semaine

le Lun 27 Juil 2009, 10:52
"Le monde est devenu fou et j'ai perdu contact...". C'est sur cette plainte que s'ouvre ce 13ème opus de MARILLION, plainte et constat que beaucoup d'entre nous ont dû faire ces derniers temps. Une atmosphère pesante s'instaure, remplie d'effets sonores qui nous tiennent en alerte. Un homme, surmené, complètement désespéré, un homme parmi tant d'autres, devenu invisible aux yeux des autres et de celle qu'il aime, nous emmène dans sa tourmente. Cet "Invisible Man" transporte, subjugue d'entrée, prends à la gorge. Le morceau est littéralement porté par un chant complètement bouleversant chargé en émotions, appuyé par une guitare si limpide.

Cet homme qui veut fuir la réalité va trouver refuge dans son enfance, à travers de simples billes, qui vont lui permettre de s'évader, l'ambiance est sereine, aussi calme que ces lignes de piano (Marbles 1). Il nous plonge dans le rêve, rayonnant, mais il est encore en proie à quelques doutes ("Genie"). Il fuit la réalité et part vers d'autres horizons, vers un endroit meilleur ("Fantastic Place") où une batterie feutrée et une guitare suave viennent l'apaiser, mais l'euphorie arrive et une montée en puissance l'emporte vers un solo inspiré.

L'homme cherche toujours ses billes (Marbles 2), objets de son réconfort, quand quelques vagues se font entendre... La mer est calme à l'image de ces quelques échos de guitares et de ces synthés cristallins. L'appel de l'océan se fait sentir, l'immensité, il donnerait tout pour retrouver ce sentiment si fort de liberté et de revanche sur la vie. Une agitation se fait sentir, la mer se déchaîne, une batterie cinglante et ce solo slidé qui sort de nul part. Les guitares rugissent dans une déferlante synthétique, on est en pleine tempête. Morceau progressif par excellence, on navigue en permanence sur "Ocean Cloud" entre accalmies et intempéries.

Quelques notes de piano, les billes volent à présent dans le ciel (Marbles 3), notre homme reprend de l'assurance, se révolte, il a moins de doute. Toutes guitares dehors, "The Damage" se veut plus agressif. La réalité n'est pas si triste, semble nous dire la rythmique acoustique de ce sublime "Don't Hurt Yourself", tube accrocheur et efficace. Ne reviens pas sur le passé, vis le moment présent et trouve ton réconfort où tu le peux. Peut-être dans le rythme moderne et le refrain entêtant de "You're Gone" ou alors auprès d'"Angelina", de cette guitare bluesy aux notes si douces.

Malheureusement après un rêve il faut se réveiller, l'enfance est finie depuis longtemps et les billes sont perdues à jamais (Marbles 4). La réalité reprend le dessus, un piano insistant et grave le replonge dans les ténèbres. Comme une réponse à "The Invisible Man", "Neverland" se veux rageur, il faut sortir de sa torpeur, à l'image de cette guitare striant l'espace. Les plaintes de l'homme sont à présent des cris remplis de conviction. Un petit break acoustique de toute beauté calme le jeu, juste avant l'envol vers d'autres cieux remplis d'échos...

Assurément "Marbles" est sans conteste l'un des meilleurs albums du gang d'AYLESBURY, oeuvre aboutie, grandiose, progressive à souhait sans être casse-tête. A ranger tout à côté du merveilleux "Brave", chef-d'oeuvre noir du groupe, "Marbles" ayant cette lueur d'espoir en plus, ce qui la rend complètement bouleversante et irrésistible. Encore une fois le travail d'équipe est phénoménal, les textes d'HOGARTH sont d'une beauté absolue, la rythmique de MOSLEY et TREWAVAS est toujours aussi subtile, Mark KELLY inventif à souhait. Mentions spéciales pour le chant de Steve H qui porte presque l'album à lui tout seul, et surtout à Steve ROTHERY, génialissime guitariste qui a toujours su faire évoluer son jeu afin de rester au plus proche de l'émotion.

Un album magique à posséder absolument dans sa version double, beaucoup plus cohérente au niveau de l'agencement des titres. Et puis il y a "Ocean Cloud", 18 minutes de pur plaisir musical...


"You're Gone"

http://video.google.fr/videosearch?hl=fr&q=marillion%20you're%20gone&um=1&ie=UTF-8&sa=N&tab=wv#


Dernière édition par rapha le Lun 27 Juil 2009, 11:03, édité 1 fois (Raison : plus d'infos)
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Re: L'album de la semaine

le Mar 22 Sep 2009, 16:10
Pendragon fait désormais figure de dinosaure du mouvement néo-progressif avec une quinzaine d'albums à leur actif. Avec un univers toujours très personnel, « Not Of This World » suit les traces de leur précédente production. Avec plus ou moins de brio ?

L'entrée en matière avec une intro Pink Floydienne somptueuse, où se mélange nappes de claviers planants et guitare électrique claire et aiguë, est représentatif de ce que vous retrouverez tout le long de ce « Not OF This World ». A savoir un pur moment d'évasion et de plaisir auditif.

Le son est énorme et d'une ampleur extraordinaire. On en prend plein les oreilles. Cet effet est donné par une utilisation des synthés omniprésente (Nolan Inside) sur lesquels se posent les solos de guitare électrique, parfois des choeurs et très souvent un chant. Ce dernier montre parfois ses limites dès qu'il est un peu forcé, mais le résultat est loin d'être désagréable.

Les compositions sont tantôt lentes, tantôt rapides mais invariablement amènent l'auditeur dans une autre dimension, faite de rêve et de magie. Quelques passages plus tranquilles et dépouillés coupent habillement certains morceaux évitant les sensations de fatigue inhérentes à ce style de musique très riche.

Cet album donne les sensations d'un live ou les instruments semblent se déchaîner à chaque mesure. Inutile de dire que « Not Of This World » représente à mes yeux un album exceptionnel, par ses ambiances insouciantes ou les mélodies et les harmonies sont privilégiées. Vous avez ici un des tous meilleurs albums de néo-progressif existant.

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Porcupine Tree-Signify (1996)

le Jeu 24 Sep 2009, 09:34
Porcupine Tree continue son évolution au fur et à mesure que la qualité de leurs albums augmente. Signify est à ce titre l'une des plus grande réussites de la bande à Steven Wilson.

Signify, à l'inverse de The Sky Moves Sideways, ne propose pas de longs morceaux atmosphériques, cette fois-ci, la longueur des morceaux à été considérablement raccourcie, l'album ne présente que trois longues chansons ( "seulement" 9 minutes pour la plus longue).
Les compositions sont plus structurées, sous une forme plus simple (l'habituel couplet/refrain pour la plupart). Les passages atmosphériques ont tout de même encore la part belle, comme en témoignent "Waiting Phase Two" et "Intermediate Jesus", un bon niveau au-dessus des morceaux atmosphériques que l'on pouvait trouver auparavant.
On note aussi la qualité de la production, largement meilleure, qui laisse à tous les instruments la place qu'il leur faut, et qui contribue aussi au nouveau son de Porcupine Tree, qui est plus rock qu'auparavant. L'instrumentale "Signify" en est la preuve, les guitares sont mises en avant quasiment tout le long de l'album.
Cependant, malgré ce changement, on reconnaît la patte du groupe, à savoir l'alliance entre les passages nerveux remplis de guitares, plus efficaces qu'avant grâce à la production, et des passages calmes, très doux, le tout se mariant et s'enchaînant à merveille, comme par exemple sur "The Sleep of No Dream", qui présente le mieux ces deux aspects.
Une fois passés les deux premiers morceaux, on sent que l'on va avoir à faire à un grand album. Et on ne s'y trompe pas, l'album est une réussite du début à la fin, on ne peut pas tirer de réel défaut. Quelques courtes longueurs (paradoxal, non ?) peuvent se faire sentir, mais c'est bien là tout ce qu'on peut trouver à dire sur Signify.
Tout n'est que mélodie, beauté, évasion et avant tout plaisir dans cet album.

Tout amateur de rock pourra y trouver son compte tant cet album est maîtrisé et varié, tout en restant ancré dans un style bien propre, qui conduira Porcupine Tree à être l'un des groupes phares du rock progressif actuel.



Porcupine Tree-Waiting
http://www.youtube.com/watch?v=BE1lEbN7v7c
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Re: L'album de la semaine

le Dim 08 Nov 2009, 10:09
L'après "Marbles" avait été difficile à gérer pour Marillion. La bonne idée étant la réalisation de ep successifs, la mauvaise de ne pas l'avoir appliquée... alors qu'aujourd'hui, Radiohead en personne veut se lancer dans l'aventure. Dommage... Mais le groupe ne reproduit pas son erreur en choisissant, un an après la sortie de l'acclamé "Happiness Is The Road", de proposer un format original qui permettra assurément de mieux appréhender la prochaine livraison studio. Voici donc ce "L=M" (ou "Less Is More" plutôt), album acoustique en studio. "Moins c'est plus", ce titre en forme de slogan peut paraître réducteur voire provocateur mais possède néanmoins un autre mérite "caché", celui de faire écho à une phrase de "The Party" (1991): "And less is like more" .

L'acoustique et Marillion, c'est une longue histoire tant le groupe a depuis longtemps parfaitement maîtrisé l'exercice ! Pour mémoire, un petit récapitulatif se trouve ici... Showcases ou concerts partiels ou complets, en duo, trio ou quintet, le groupe est plus que rôdé. Au point où deux des plus essentielles productions du combo se trouvent être des enregistrements acoustiques ! Les absolument mythiques "Unplugged At The Walls" (à Oswestry en 1998) et surtout le parfait "Bass Museum" de 2000 (DVD obligatoire).

Une équation à plusieurs inconnues se doit ainsi d'être résolue pour ce nouvel exercice studio (démarche d'ailleurs très rare). Enregistrer des titres classiques, des singles ? Cela pourrait séduire quelques fans passés mais décevrait les die-hards actuels. Ne proposer que des relectures radicales de pièces obscures ? Comme toujours avec Marillion, cela serait très diversement apprécié et discuté. Marillion, de toute façon, maîtrise les deux. En témoigne "Cover My Eyes" au piano ou l'incroyable version de "King" à Oswestry. Le paramètre "reprises" n'est de plus pas à écarter (souvenons-nous des liquéfiants "Fake Plastic Trees" et "Abraham, Martin & John"...). Surtout que l'album n'est pas double. Le choix est restreint.

"Less Is More" possède ainsi un équilibre quasi parfait, doublé d'une ambiance majestueuse et recueillie. Un disque absolument évident et fluide. Pas de "Beautiful", "Easter" ou "Kayleigh", non. Marillion n'en a pas besoin, n'en a même sûrement jamais vraiment eu besoin. Nos anglais jouent sur leurs qualités. Quelques morceaux déjà joués en acoustique par le passé viennent symboliquement encadrer le voyage. Le sublime "Go !" en douce introduction, le chef d'oeuvre "This Is The 21st Century" en point d'orgue. Ce titre à la production originelle très fouillée est même carrément très différent de ses précédentes tentatives épurées. C'est ici la guitare et non le piano acoustique qui domine aboutissant à un rythme valsé du plus bel effet. Au milieu, "The Space" tient brillamment son rôle de phare éternel dans sa version "Oswestry".

Pour le reste, c'est le rêve éveillé. Morceaux rares et chefs d'oeuvre se côtoient dans un unisson de sensations faisant redécouvrir le groupe et ces chansons. Comme si c'était la première fois ! Le tant attendu "Interior Lulu", épuré et délicat, centré sur sa force mélodique (pourquoi l'avoir tant snobé ?) et sur une orchestration délicieusement originale, la monstrueuse "Out Of This World" dont une version acoustique ne semblait pas indispensable tant l'originale est juste... parfaite ;o)

L'hymne qui s'ignore "Wrapped Up In Time", un des meilleurs morceaux (pourtant parfaitement ignoré) du petit dernier, éclate au grand jour. Quelle chanson ! "Memory Of Water", qui ne fut proposé que par h au naturel et Marillion en Weekend dans sa fondamentale et bouleversante version simple, est ici encore métamorphosée, couverte de nouveaux apparats tout aussi essentiels. Plus folk voire moyenâgeuse, moins solennelle, merveilleuse quoi - une des plus grosses réussites de l'album ! Des choix sacrément gonflés, oui ! Même "Hard As Love" semble ne jamais avoir été jouée autrement.

Et puis, il y a tous ces morceaux que l'on n'attendait même pas. La relecture en profondeur est une seconde nature pour le groupe qui nous refait le coup de "King" avec "Quartz" (encore, oui, fabuleuse et incontournable avec son thème de basse au xylophone) et "If My Heart Were A Ball", centrée sur son refrain errayé, "Anoraknophobia" est à la fête ! Et puis, le petit plus, "Ze Marillion's Touch", un nouveau morceau, "It's Not Your Fault" (issu des séances de "Somewhere Else") qui se fond à merveille dans le décor. Plus simple car ne demandant pas d'arrangements de sections électriques alambiquées. Piano/voix, très h Natural, très "Number One"...

La force indéniable qui se dégage de ces versions est aussi grandement due à un investissement de groupe, chacun cherchant à apporter la trouvaille légitimant la manoeuvre. La nouvelle légèreté introductive des croches de "Go !", le formidable arrangement de guitare de la première section de "Out Of This World", le somptueux final bluesy de "Quartz", le bâton de pluie sur le "Rain" de "Interior Lulu", un harmonium gracieux ici, des marimbas et autres instruments "exotiques" là, sortant des schémas guitare/piano-couplet/refrain.

"Less Is More", sûr que c'est "plus" mais ont-ils mis "moins" pour ce faire ? Sûrement pas ! Loin d'être anecdotique, au contraire, cette rondelle saura se faire sa place dans la longue discographie du groupe. D'ailleurs, elle l'a sûrement déjà, cette place. Et en haut !



"Hard As Love"
http://www.youtube.com/watch?v=XDXM0FozBMk&hd=1
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